fond
Le crépitement de l'aube.
Avatar de l'auteur
Le crépitement de l'aube.
Le 24/08/2017
Par Romain

Mon Pote, il a profité de la période estivale pour se lancer sur les routes de l'hexagone. Au gré des rencontres et des ses envies, sans autre but que celui de vivre le moment présent, il est parti faire un de ces voyages qu'on a finalement rarement l'occasion ou le courage de vivre. De ceux qui requierent le lâcher prise, l'ouverture de l'esprit et du coeur, pour en saisir tous les fruits.

Lorsqu'il m'a proposé de partager ici même un peu de son aventure, ça m'a touché. Les quelques lignes que j'ai ensuite reçues m'ont simplement transportés, comme si moi aussi, je me réveillais d'une première nuit de bivouac en solo...

" Quelques heures auparavant, c’est ici que je me posai, sur la bordure d’un champ adossée à un bois. Malgré les insectes et les épines, sous le clair de la lune bientôt pleine, l’endroit inspire le repos et je ne tardai pas à rejoindre ma tente. Pourtant, à peine étendu, mon corps tout entier se figeait rapidement dans la crainte. J’entendais gratter et craquer, partout. Dépourvu de mon habituel confort et de ses commodités, mes instincts se réveillaient et mon imagination me trahissait. Comme traqué et pris au piège derrière ma toile, des grincements me soulevaient la poitrine.

Je n’ai pas dormi. Je ne dormirai pas. Alors je sors et j’attends, debout. Un souffle presque froid se lace à mes chevilles. Je n’aperçois rien mais la symphonie qui a eu raison de mon frêle sommeil crisse toujours derrière moi. Elle se lasse, enfin, quelque chose s’est passé. Une force me traverse. Je tente de la retenir un peu, d’inspirer plus de cet air mais déjà, mes poumons débordent. Les sifflets et les froissements se dispersent dans un crépitement nouveau. Au dessus, des lueurs se tissent. Elles dessinent des lignes qui tombent lentement vers moi. Tout est calme, vertical. Seule s'agite la caresse du souffle tiédit qui roule à mes pieds. Je distingue à présent les formes et les couleurs. Encore quelques nuances, puis les odeurs, légères. Là j’expire et je tremble une dernière fois. Epilogue prodigieux d'un miracle quotidien, le jour se dresse humblement devant moi.

Yohan "


The Tomatoes of Curiosity - 2014/2017 - By Slapker