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Voyage, photophilie et amateurisme.
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Voyage, photophilie et amateurisme.
Le 06/05/2017
Par Romain

Un reflex et 4 objectifs, en voyage, c'est presque 3kg de plus dans le sac à dos. Et encore, c'est parce que c'est du matériel entréee de gamme d'amateur qui veut se prendre pour Robert Doisneau. N'empêche que cela doit donc rester un choix murement réfléchi, sous peine de maudire ledit matériel lorsque les bretelles du sac à dos vous creusent les épaules.

Voyez donc, un Nikon D3100 de 2011 dont on ne mentionnera pas le nombre de déclenchements, accompagné d'un objectif varifocale 18-55 de base, d'un AF-S Nikkor 55-300 pour les p'tites bêtes qu'on ne peut approcher, d'une focale fixe AF-S Nikkor 35mm pour celles et ceux qui prennent la pose, et d'un Sigma 10-20 pour voir le monde en grand. Si disposer de plusieurs objectifs permet de s'adapter à chaque prise de vue, on est pas au top de la réactivité. En australie, j'ai vu nombre de Koalas danser le madison sous mes yeux le temps que j'installe l'objectif adapté, pour finalement se mettre à ronfler sur la branche, l'air de rien, lorsque j'étais enfin prêt à les immortaliser. L'idéal est donc d'avoir un deuxième boitier avec soi. Et un sherpa aussi.

Sur mon 18-55, j'ai embarqué un filtre polarisant pour obtenir, en fonction de l'exposition, des contrastes un peu plus saisissant. Grand novice devant l'éternel que je suis, j'en ai cependant clairement abusé pour me rendre compte aujourd'hui que ce n'était pas toujours un choix très judicieux. C'est que le filtre polarisant, pour un rendu optimal, doit s'utiliser dans des conditions bien particulières sous peine d'avoir des résultats pour le moins farfelu. Oui, farfelu.

La photo, quand tu voyages, c'est presque indécent tellement tu ne peux pas t'en passer. Pour tout vous dire, c'est quand même une des rares choses qui m'a poussé à être plus matinal que le soleil. Pour justement le surprendre au levé, les rayons en vrac. Au fil du temps, j'ai essayé de me détacher du besoin compulsif de photographier pour laisser plus de place à la contemplation, à l'émerveillement et à la réalité de l'instant présent. Parfois Souvent, en vain. Il m'est arrivé de laisser derrière moi un spectacle que je n'avais pas mémorisé autrement que sur carte SD, et d'en réaliser l'absurdité. Mais je me soigne. Matthieu Ricard, Goenka, méditation, tout ça tout ça.

En voyage, quand tu disposes d'un appareil photo quelqu'il soit, tu te retrouves vite avec l'envie de prendre des autochtones en photo. Mais si tu fais preuve d'un peu d'empathie pour ces gens, tu commences par te questionner sur ta démarche pour savoir si elle est réèllement respectueuse du sujet. Je veux dire par là, peut-on se permettre de prendre les gens en photos malgré eux en considérant que c'est là leur rendre grâce ? C'est sur qu'une photo de paysan Birman, dans son quotidien en train de couper du riz, ça à de l'allure, mais si un Birman prenait une photo de moi, dans mon quotidien, en train de mettre des sous dans un parcmètre, est ce que j'apprécierai ? Ok faux, je ne mets jamais de sous dans le parcmètre, mais l'idée et la, et je n'ai toujours pas trouvé de réponse à ma question. Dans le doute, à de rares exceptions près, je me suis contenté des montagnes et des lacs qui ne sont jamais venus se plaindre. Quelques photos volées de bambins quand même, parcequ'ils ont le chic pour attirer l'objectif et magnifier la moindre photo, et une poignée d'autres, mais presque jamais sans leurs accords !

La photo, c'est comme le reste, on a quand même vite tendance à comparer. Alors on voit passer quelques clichés sur les réseaux sociaux, et on se demande pourquoi certains clichés ont un impact visuel si fort. Alors que concrètement, sur la photo, t'as un ersatz de colline sans intérêt, 2 ou 3 nuages en fin de course, mais le mec à sorti la carte filtre instagram sur son smartphone et il te l'a bien fait à l'envers. Le genre de filtre, même avec une photo de gros orteil, tu peux faire un truc bien (Bon ok, pas avec les miens). La vérité, brutale, c'est que passé le côté surprise, on se lasse vite de l'effet visuel. Un peu comme un gros gateau arc-en-ciel recouvert de smarties, ca marche que la première fois, et en prime on finit écoeuré.

N'empêche que ca ma doucettement emmené sur le domaine de la retouche. Pas de quoi fouetter un wallabi, il ne s'agit que de menus reprises. Parfois un petit coup de recadrage, puis on revoit les niveaux, la luminosité et si on est d'humeur taquine on rajoute un filtre de netteté. D'accord, parfois un peu les contrastes ou la balance des couleurs aussi, mais on a tôt fait de le regretter quand on à le grade "Rookie". Tout ça sur Gimp bien sur, parcequ'on supporte le mouvement open source (et qu'on a pas un rond).

Aujourd'hui, c'est rare que je ne reprenne pas une photo pour en être satisfait. C'est due principalement à la piètre qualité de mon matériel qui ne se suffit pas à lui même pour retranscrire ce qu'il à devant lui (Excuse de débutant au stade embryonnaire). Malgré tout, ca m'a quand même appris à éliminer quelques erreurs dès la prise de vue.

Quoiqu'il en soit, tout ces efforts justifiaient bien la création d'une galerie photo au retour, pour vous partager mes humbles clichés. Galerie également accessible dans le menu en haut de cette page. Comme je suis assez difficile sur la sélection (et surtout que y'a pas masse de photos potables), cette galerie s'enrichit au compte goutte, mais il y a déja de quoi vous occuper au moins 5 minutes !!

PS : If you, who are currently reading this article, are the artistic director of "Time" Magasin looking for the next cover, please put my credential and don't forget my money. Bisous.

The Tomatoes of Curiosity - 2014/2017 - By Slapker